Blog

Obligations convertibles en guise d'alternative aux actions et aux obligations

Cela fait longtemps que la situation est critique pour les titres à revenu fixe. Compte tenu de l’environnement de taux bas persistant, il n’y a pratiquement plus d’obligations offrant un rendement attractif en échange d’un risque mesuré. Les investisseurs doivent souvent abandonner le segment « Investment Grade » (AAA à BBB-) pour se rabattre sur le segment à faible notation « Speculative Grade », celui des « obligations à haut risque ».


On peut douter du bien-fondé de cette démarche pour un investisseur en obligations traditionnellement soucieux de sécurité. Faute d’alternative, ce comportement fait plutôt penser à une solution désespérée. Tant que les banques centrales maintiennent leur politique monétaire ultra-expansionniste, le niveau actuel des taux d’intérêt ne devrait guère évoluer.


Les marchés des actions ont d’autres problèmes actuellement. Bien que les actions aient affiché une performance exemplaire l’an dernier et que l’évolution des cours depuis le début de l’année soit également satisfaisante, les mises en garde des analystes du marchés qui prédisent un possible revers se multiplient. Il est impossible de prédire si ce retournement de tendance va se produire, ni quelle en sera l’intensité. Il est certain que de nouveaux plus hauts sont atteints presque toutes les semaines en ce moment. Dans une perspective à court terme, la question de savoir si les marchés vont atteindre un plafond où il n’existera plus aucun potentiel de progression est donc légitime. L’accumulation des incertitudes s’accompagne d’une augmentation des volatilités, ce qui se traduit par une amplification des mouvements enregistrés par les prix des actions. À l’instar du marché obligataire, l’évolution future en ce domaine dépend en grande partie des décisions économiques que prendront les banques centrales. Réaliser les actions et prendre les bénéfices n’est pas un mauvais choix dans cette situation.

Une obligation convertible associe les avantages des obligations et des actions

Comment un investisseur peut-il se positionner avec succès et en toute sécurité dans cet environnement difficile ? Existe-t-il encore des opportunités de placement intéressantes et si oui, quel en est le risque et quelles sont les perspectives de rendement correspondantes ? Les obligations convertibles que l’on connaît aussi sous leurs désignations anglaises « Convertible Bonds » ou « Exchangeable Bonds » constituent une possibilité d’investissement intéressante. Peu d’autres catégories de placement offrent un profil risque-rendement aussi équilibré dans ce contexte.

Les obligations convertibles sont des titres à revenu fixe qui sont en principe émis par des sociétés anonymes. À l’instar des emprunts traditionnels, elles se définissent par leur émetteur, le coupon d’intérêt, la durée limitée et la valeur nominale. Elles sont par ailleurs assorties d’un droit de conversion pour leurs propriétaires. Pendant la durée de vie, l’investisseur peut convertir l’obligation convertible en un certain nombre d’actions de l’entreprise émettrice. Normalement, les obligations convertibles affichent certes une rémunération plus faible que les emprunts traditionnels, mais leur détenteur a l’avantage de disposer d’une possibilité de conversion.

Un investissement en obligations convertibles a donc deux avantages : d’un côté l’investisseur profite des revenus d’intérêts, de l’autre il participe aux marchés des actions et ce à moindre risque. Une obligations convertible allie les avantages et les caractéristiques des actions et des obligations et offre un rendement comparable à celui des actions en échange d’un risque comparable à celui des obligations. La composante obligataire offre une certaine protection du capital et le droit de conversion en actions permet de participer à la hausse des marchés des actions. Une règle approximative veut que le cours d’une obligation convertible participe aux 2/3 à la hausse de l’actif sous-jacent alors qu’elle ne participe qu’à 1/3 à sa baisse.

Le volume des obligations convertibles progresse

Les obligations convertibles ne sont pas seulement émises par de petites entreprises. Les grandes entreprises telles que Siemens, Intel ou Swiss Life ont également des obligations convertibles en circulation. Le montant total des émissions s’est élevé à quelque 96 milliards de dollars US en 2013. La plupart des titres ont été émis aux États-Unis (52 %), en Europe (31 %) et en Asie (17 %).

La raison de cette recrudescence des émissions semble évidente : le financement par des fonds propres est généralement plus coûteux qu’avec des fonds de tiers et cette solution est extrêmement attrayante pour les entreprises dans l’environnement de taux bas actuel.

Dans quelle obligation convertible investir ?

En dépit des nombreux avantages que peuvent actuellement offrir les obligations convertibles, les investisseurs devraient se montrer prudents. Après l’émission, le caractère d’une obligation convertible évolue avec le marché des actions et des taux d’intérêt. Le comportement des obligations convertibles est difficile à saisir. Elles représentent un univers de placement à part entière. Chacune de ses obligations a ses spécificités à propos desquelles l’investisseur devrait se renseigner pour réussir à éviter les situations à risque. Il y a par ailleurs de nombreux indicateurs à évaluer et à interpréter correctement afin d’analyser l’attractivité et les risques éventuels du titre convertible. Sans oublier que ces évaluations devraient être sans cesses réitérées, parce que la situation économique de l’entreprise sous-jacente peut changer rapidement. Il est pratiquement impossible pour des investisseurs privés de suivre en permanence le marché des obligations convertibles et les nouvelles émissions. A cela s’ajoute un traitement fiscal extrêmement complexe, surtout pour des investisseurs privés. Les coupures minimales élevées qui peuvent dépasser EUR 100 000 constituent un obstacle supplémentaire pour les investisseurs privés.


Ce n’est pas pour autant une raison de renoncer à cette niche parmi les catégories de placement. Une excellente solution consiste par exemple à acheter un Convertible Bond Fund à gestion active, comme de nombreux établissements financiers en Suisse en proposent. Il est géré par des experts qui connaissent parfaitement le marché et le suivent de près. À l’instar des autres catégories de placement, un tel fonds est extrêmement diversifié, ce qui est indispensable pour tirer la quintessence du marché.


Le fonds de la Banque CIC (Suisse) spécialisé dans les obligations convertibles a changé de gestionnaire en 2013 et convainc avec une sélection plus fine et une forte performance depuis le début de l’année. Le portefeuille du CIC CH - Convert Bond Fonds réplique une stratégie équilibrée et se classe en tête de sa catégorie avec une performance de 5.32 % (du début de l’année au 5 mai 2014) en EUR et de 5.17 % (du début de l’année au 5 mai 2014) en CHF. Une participation reste intéressante et n’a jamais été aussi payante. L’air se raréfie après les hausses à deux chiffres des cours des actions. Un arbitrage au détriment des actions et en faveur des obligations convertibles devrait donc constituer un investissement judicieux. Le graphique suivant illustre le fait que les marchés des obligations convertibles ont permis d’amortir le krach / la baisse des années 2008/9 dès 90 % du nominal, alors que les marchés des actions ne se sont stabilisés qu’à 65 %. Il a néanmoins été possible de participer quasi-intégralement à la hausse des cours qui a suivi.