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Une approche prudente-agressive et non plus conservatrice

Les taux d’intérêt ne connaissent qu’une seule direction et n’en finissent plus de baisser.

 

Les taux d’intérêt ne connaissent qu’une seule direction et n’en finissent plus de baisser. Ces dernières années, cette évolution a encore été accentuée par la crise financière. Aussi les grandes banques centrales ontelles commencé à soutenir leurs économies nationales ébranlées, en introduisant des taux d’intérêt négatifs. Les temps où des obligations sûres permettaient de dégager un rendement décent sont bel et bien révolus. 

Pour des raisons historiques, le gros des investisseurs détient cependant encore une part importante de placements à revenu fixe, puisque ceux-ci constituent une sécurité lorsque les marchés des actions sont volatils. C’était du moins l’idée à la base. C’est aussi la raison pour laquelle les principaux investisseurs en Suisse, notamment l’AVS et les caisses de pension, sont tenus de placer une grande partie de leur fortune dans des obligations. Les quotas peuvent atteindre 70 %. 

Après avoir assisté à une baisse des taux d’intérêt et donc une hausse des prix des obligations pendant une trentaine d’années (le fameux rallye obligataire), nous sommes à la veille d’un retournement de tendance. Fini de rigoler pour les investisseurs en obligations pourrait-on dire. 

Pourquoi ? 
Dans un contexte où même le rendement des obligations à 10 ans dépasse à peine 0 % et où l’on attend parallèlement des taux d’intérêt plus élevés, le rapport opportunité-risque s’en trouve extrêmement déséquilibré. Dans ce contexte, une hausse des taux de 1 % peut rapidement déboucher sur une perte de cours des obligations de plus de 7 %. 

Que faire ? 
Adapter la stratégie de placement ! Quand une majorité des placements promettent au mieux un rendement nul, les investisseurs n’ont d’autre choix que de penser différemment. La sélection des titres du portefeuille obligataire doit être modifiée. Différentes formes d’instruments subordonnés qui payent des intérêts parfois nettement plus élevés pour un risque légèrement accru sont envisageables. La gestion de tels titres est complexe, nous recommandons par conséquent un investissement dans des fonds de placement correspondants. Ces prochaines années, nous tablons en outre sur une remontée des prix à la consommation, ce qui se traduira par une hausse des taux longs. Nous conseillons donc des emprunts indexés sur l’inflation en guise d’optimisation supplémentaire. 

Le contexte actuel requiert en outre une vérification de la situation en matière de risques pour les prochaines années. Il s’agit en principe de relever à terme la quote-part actions, ce qui ne correspond pas en soi à un accroissement du risque tel qu’il est habituellement interprété. Cela vaut tout particulièrement pour les investisseurs conservateurs détenant de nombreux placements à revenu fixe. Il s’agit donc d’accroître la position actions de manière « réfléchie », sans pour autant perdre de vue le potentiel de correction. Cette apparente quadrature du cercle est résolue grâce à une stratégie de couverture intelligente et systématique, passant par la vente d’options et la génération correspondante d’une prime. Cette prime est alors utilisée pour acheter une couverture partielle des positions actions, laquelle est alors pour ainsi dire « gratuite ». 

Si le potentiel de gain des actions correspondantes s’en trouve limité, il en va de même pour une grande partie des pertes de cours éventuelles. Le rapport intéressant entre la réduction du potentiel de gain et la minimisation du potentiel de perte est attrayant. Une renonciation partielle à la hausse se traduit par une couverture quasi-complète à la baisse. Ainsi, même un investisseur plutôt conservateur pourra accroître sa position actions de manière prudemment agressive ces prochaines années, sans abandonner son inclination au risque relativement faible. Le cas échéant, il existe aussi des fonds de placement qui répliquent cette stratégie. Une mise en oeuvre directe peut s’avérer judicieuse pour les clients ayant un engagement substantiel en actions. 

Pour finir, nous estimons qu’un positionnement stratégique en métaux précieux est indispensable. L’or et l’argent offrent une protection dans des périodes de fortes turbulences sur les marchés. Même une petite position de l’ordre de 3 à 5 % permet déjà de compenser des pertes de cours significatives des placements en actions. 

Les stratégies présentées ici ne sont pas vraiment nouvelles. Les investisseurs ont par exemple toujours vendu des options afin de percevoir une prime et acheté des options afin de profiter des hausses de cours. Ce qui change, c’est la motivation. Dans le contexte tel que nous venons de l’exposer, nous considérons les options non pas dans une perspective spéculative, mais comme un moyen de réduire systématiquement les risques de placement. Pour mettre en place de telles stratégies, une certaine dose de connaissances techniques et les instruments appropriés sont nécessaires. Votre conseiller en placement se tient à vos côtés pour vous accompagner dans cette nouvelle ère, où le profil prudent-agressif se substitue au profil purement conservateur.